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Un moment de répit?

C’est dingue. Il est 16h, et je suis chez moi. Et j’ai le temps d’écrire un article ici. Waouh!

Serait-ce parce que depuis deux jours, je suis malade? Du genre à me traîner du canapé à mon lit à l’ordinateur à la cuisine? Toujours est-il qu’au moins ça me laisse le temps de donner un peu de mes nouvelles. Mis à part cette maladie impromptue (douleurs, fièvre, vertiges…Dites, vous croyez que c’est la grippe porcine?), tout va bien.

Après mon stage chez “E. mag” à Paris, qui s’est dans l’ensemble pas mal passé mais dont j’étais contente qu’il se termine étant donné l’ennui qu’il me procurait, j’ai commencé mon 2nd stage, en PQR cette fois, le 6 juillet. Je suis dans une petite agence du fin fond de l’Est de la France (ma patrie!!!Ah, la pluie, le vent, les orages!!), où l’ambiance est amicale et professionnelle. Et ça fait du bien!

Dès le premier jour, je me suis sentie à l’aise avec tout le monde. La rédac chef est actuellement en vacances et je suis donc sous la responsabilité de son adjoint, P. Je m’entends plutôt bien avec lui même si parfois j’ai du mal à comprendre ses blagues vaseuses! Il sort de la même école que nous, et croyez-moi, ça aide (d’ailleurs, il concurrence pas mal FS au niveau de la beauté de ses chemises!)! Je me sens assez favorisée par rapport aux autres stagiaires (ce que je ne cautionne pas vraiment, mais c’est agréable.. Et je déculpabilise en me disant qu’elles ne font pas journalisme, elles).

Je suis responsable d’une rubrique spéciale pour l’été, carrément en Une de notre édition, avec un portrait à faire tous les jours. C’est chouette, je rencontre plein de gens différents (pas toujours intéressants, mais ça, c’est les aléas du métier!) En plus de ça, j’écris sur pas mal d’évènements locaux, mes articles font régulièrement la Une, aha oui je me la pète.

Et le 1er et 2 août, j’ai été choisie pour couvrir le festival “Mondial Air Ballon”, un énorme rassemblement de montgolfières super connu dans la région. Je n’y suis encore jamais allée, j’ai hâte de voir ce que ça va donner! Pendant deux jours, je vais être lâchée, livrée à moi-même, avec mission de rapporter plein d’articles. L’occasion de prouver ce que je vaux! Seul hic, je dois y aller avec ma propre voiture (et vous savez que je déteste conduire), et qui plus est, à 6h du matin (les montgolfières, ça décolle tôt) !

Et puis, je me suis fait huer par E. et F., les deux autres stagiaires, parce que j’ai refusé de faire un baptême de l’air en montgolfière! C’est quand même pas de ma faute si je panique quand je quitte le plancher des vaches.

Sinon, je n’ai toujours pas de nouvelles concernant ma possibilité d’apprentissage au M.G.M, à Vannes. Je pense que ça ne devrait pas tarder… Je croise les doigts! Et puis, si ça ne marche pas, j’en parlerai à mon stage… Qui sait?

En espèrant vous revoir un de ces jours autour d’une crêpe et d’un bolet de cidre, bisous!

Déjà six semaines de faites et pas un seul post de rédigé ! Honte sur moi ! (zut est-ce que c’est une bonne accroche ça…hum je demanderai à Clau…). Alors voilà je me lance ! Quel bilan à tirer de ce mois et demi de stage ? Et bien ma fois j’écris pas mal ! Une cinquantaine de papiers rédigés depuis le début, une trentaine de matches commentés, une dizaine de diapos photos…on peut dire que ça ne chôme pas chez S. !!! Et c’est bien la spécificité du travail sur le net ! Pas de sortie pour les journalistes, 90% du temps à la rédaction, donc on a le temps de débiter des articles. Et pour moi le temps passé devant l’ordinateur c’est 100% ! Cela dit j’ai la classe avec mon double écran PC et ma télévision perso ! Et ouais, tout ça pour Caribou Tabernac’ !

Sinon tout se passe bien ma foi ! La première semaine a été assez difficile, une ambiance assez particulière dans la rédaction, tous les journalistes sont à des horaires décalés et quand ils sont là, ils restent collés à leurs ordinateurs. Pas vraiment de temps pour discuter, pour parler de tout et de rien.  Bizarre au début et puis au final on s’y fait !! Tout le monde est sympa. Mais la gente féminine ne se bouscule au portillon ! Je me retrouve le plus souvent à bosser avec une dizaine de mecs dans la journée ! Ça ne me dérange pas vraiment à vrai dire, je préfère ça que travailler seulement avec des femmes.

Cette semaine pas mal de choses se sont décantées. Je vais faire une interview au téléphone en début de semaine prochaine. Oui, je vais enfin parler avec quelqu’un ! Et mercredi je suis pressentie pour accompagnée un titulaire à une conférence de presse dans un lieu prestigieux avec des athlètes tout aussi prestigieux…et ça, ça fait plaisir !!

Sinon en dehors du stage et bien galère avec toute la paperasse avant le départ. Entre les formulaires à la con, les problèmes administratifs et les courriers qui se perdent…c’est un vrai parcours du combattant ! Mais je vous raconterai tout ça plus en détail dans un autre post ou de vive voix si je revois certains d’entre vous !! A bientôt !

A mon grand soulagement, j’ai retrouvé la PQR ce matin. Certes, une locale “autonome”, c’est pas de tout repos. La programmation, les correspondants, les faits divers, monter les pages, trouver ses sujets, faire ses reportages, écrire ses papiers. Honnêtement, c’est dur, surtout au début je pense. Parce que j’imagine qu’au fil des jours, je prendrai le rythme. C’est une organisation ultra-précise et des journées qui n’en finissent pas. Mais c’est tellement bon de faire ce qu’on aime et de sentir qu’on est enfin occupé à quelque chose de concret !

Je découvre une nouvelle zone de travail, j’ai encore tous mes repères à prendre. Pas facile, mais stimulant. Il faut que je m’inprègne des sujets chauds et polémiques, que je trouve des sujets estivaux, le tout sur cette zone que je ne connais pas encore. Pas facile non plus, mais stimulant aussi. Je dois aiguiller et m’ imposer face à des correspondants qui ne me connaissent pas et sont plus âgés que moi : très difficile, à première vue. Un défi à relever très rapidement, si je veux remplir mes pages correctement et non pas avec de la m*rde.

En fait, je connais la maison, mais je ne connais pas du tout la pièce dans laquelle je suis. Et la découvrir sera une expérience bien plus enrichissante que celle du mois dernier. Autonomie, responsabilités, charge de travail assez énorme : de quoi me plaire et me faire avancer à vitesse grand V dans mon approche du boulot.

No stress

Petite fin de journée : le chef est parti, on n’est plus que trois dans la rédaction, j’ai mis la radio (pas à fond quand même), j’avance sur mes papiers mais y’a no stress (ah, le rythme « mensuel ») et j’ai l’estomac un peu lourd (c’est les frites de midi qui valaient bien celles du ru).

Des petites choses toutes bêtes me traversent l’esprit, du genre « y faut que je pense à arroser le jardin ce soir », des choses plus angoissantes aussi, comme « quel bon repas équilibré vais-je préparer pour mon petit garçon, sachant que je disposerai de quelques dix quinze minutes pour mitonner ça et que j’aurai plutôt envie d’aller me promener, de lire une histoire ou de jouer aux cubes (ben oui, ben oui…) », mais aussi des choses douces et rassurantes « ah, mais quelqu’un de bien intentionné aura peut-être pensé à préparer la tambouille »…

Bref, en cette fin de journée, rien – un petit rien tout léger, tout sympa à porter -, oui, rien qui puisse rivaliser avec vos vies trépidantes de stagiaires à la capitale, quoi ! Mais demain, qui sait ?

Un mois à Paris après avoir passé le mois de mai dans une belle région, au soleil, avec des collègues absolument géniaux, ça ne pouvait être que moins bien. Je pensais quand même que ce serait moins terrible que ça l’est (reste encore une semaine + deux jours car j’arrête le 30). D’abord, j’ai pleuré je ne sais combien de temps à l’idée de quitter l’équipe que j’ai fréquentée en mai. Ensuite, à Paris, j’ai pris 90 euros dans la tronche directement en arrivant : le passe Navigo, cocotte. Ca commençait bien.

Le mieux a tout de même été le lendemain. Jour férié, peu de titulaires présents, mais les stagiaires étaient tenus d’arriver entre 9 heures et 9h30. C’est une assistante qui nous a accueillis (je suis pas la seule stagiaire de notre école à être arrivée ce jour-là) et nous a posés à nos bureaux, en attendant que quelqu’un nous explique un peu ce qu’on allait faire. Et on est restés seuls jusqu’à 10 heures. La titulaire qui est arrivée à cette heure-là se foutait complètement qu’on soit là ou pas, elle n’a même pas pris la peine de nous faire visiter.

Bon ensuite, on a passé l’après-midi sur mon plus gros fait divers jusqu’à maintenant et c’était bien lourd. Moi, je m’amusais bien avec les autres journalistes – tous les médias de tous les pays étaient présents -, un peu d’humour noir pour essayer d’oublier l’attente et l’absence de communication d’AF. Mais quand même, ça m’a bien saoulée.

C’était rien à côté de l’ambiance que j’allais supporter pendant tout le mois. Et que je suis pressée de quitter. A part deux collègues, dont une que j’ai du mal à cerner, ils slaloment tous entre indifférence et mépris. Il se trouve que je suis dans un service qui vit quelques difficultés. Les titulaires sont sans cesse en train d’en parler, à faire des messes basses entre eux, à faire comme si je n’existais pas alors que je suis à 50 centimètres d’eux et que, fatalement, j’entends tout ce qui se dit. Les insultes, les critiques, les stratégies. Tout. Et de tous les côtés, puisque j’ai hérité du bureau spécial stagiaires qui se trouve pile au milieu de tous les autres !

C’est invivable. Comment tu veux bosser sereinement quand deux ou trois personnes sont en train d’insulter celle que tu viens de voir aller prendre un café, juste à côté de toi ou debout juste derrière toi (tellement juste derrière qu’ils ont la main sur le dossier de ma chaise). Comment tu veux te sentir intégré à une équipe qui se comporte comme si tu n’existais pas ? Le matin, ils se disent bonjour en citant leurs prénoms respectifs et j’ai beau être en plein milieu, le mien ne sort pas de leurs bouches. Il faut que je lance un bonjour, assez fort, pour que, parfois, l’un ou l’autre daigne me répondre. Le soir, pour dire au revoir, c’est exactement pareil.

Non mais je sais pas moi, mais j’ai jamais vu ça. Je suis passée dans pas mal d’équipes différentes et jamais je ne suis tombée sur des gens tellement suffisants qu’ils ne me disaient pas bonjour et faisaient comme si je n’étais pas là le reste de la journée. Jamais. Et pourtant, j’ai déjà fait des passages plus courts qu’un mois dans une équipe. A chaque fois, il y avait au moins de la politesse et du respect, quels que soient les problèmes internes que les gens rencontraient.

Je ne dis pas que je veux retrouver l’ambiance que j’ai connue à deux endroits différents déjà, où je me suis intégrée en moins d’une demi-journée et où on s’appréciait entre collègues au point de pleurer de rire le jour de mon arrivée. Mais se dire bonjour, quand on bosse ensemble, c’est un minimum.

Remarquez, on ne bosse pas ensemble, c’est peut-être ça qui fait qu’ils ne jugent pas nécessaire de me dire bonjour. Je bosse pour le site internet et eux pour le papier glacé. C’est en partie un choix de ma part, mais en partie seulement. J’aime travailler sur le site parce que ça me permet de garder le rythme du quotidien (que j’aime) et de faire beaucoup de papiers. J’aime travailler sur le site parce que ça me permet de garder de l’autonomie dans mon travail, donc d’éviter d’avoir à trop voir les egos surdimensionnés qui m’entourent.

Mais quitte à être en stage dans la rédaction du papier glacé (parce que oui, je suis dans cette rédaction-là et non celle du site – la rédaction papier a l’obligation de nourrir le site avec de vrais papiers, celle du site reprend les dépêches AFP), autant faire au moins une fois un article dans le papier, non ? J’ai bien essayé : le fait divers là, il a fait l’objet d’un article dans le journal. J’étais sur place et ça m’intéressait de trouver un angle différent. Mais attention, un journaliste de la rédaction, un titulaire, qui n’était pas sur place et qui n’en avait strictement rien à foutre, se sentait carrément mieux placé que moi. Alors oublie, Clio, et ferme ta gueule.

Un peu plus tard, un dossier se préparait et j’ai été obligée d’aller à une conférence de presse à la place de la titulaire qui préparait ce sujet : la pauvre était en déplacement. J’y vais et je me dis que ça va me permettre de me greffer au dossier. Elle me le promet d’ailleurs. En rentrant de conférence, je fais un papier pour le site en prenant soin de ne pas utiliser les informations qu’elle souhaite utiliser dans son dossier sur le papier glacé, donc en me faisant ch*er  pour trouver un angle original. Peu importe, elle a finalement décidé qu’elle ferait le dossier toute seule. Alors oublie, Clio, et ferme ta gueule.

Récemment, un lourd sujet pour notre service tombe. Je propose d’en faire un tout petit truc sur le site, mais ne parviens pas à parler à mon interlocuteur, qui exige la noblesse du papier glacé. Très bien, je m’arrange donc avec une titulaire pour que l’on prépare un truc toutes les deux pour un peu plus tard. La titulaire obtient des contacts de son côté et vend le sujet aux autres titulaires et au rédacteur en chef… sans moi ! Alors oublie, Clio, et ferme ta gueule.

Pourtant, à côté de ça, on me félicite régulièrement pour mon travail (dans la rédaction en chef et de la part d’un collègue plus ouvert, mais pas du côté de mes voisins qui sont bien trop occupés à se flatter ou à se cracher dessus).

Le problème ? Il vient du fait que le chef du service sera nommé dans quelques mois et qu’en attendant, ils ont tous décidé qu’il fallait absolument montrer qu’un chef est nécessaire. Donc ils se tirent dans les pattes pour avoir chacun le plus de pages possible, pour ne pas partager leurs sujets et leurs “scoops”, pour faire croire qu’ils sont débordés (alors qu’ils parviennent à trouver des heures et des heures pour téléphoner à leurs amis à l’étranger et/ou pour comploter entre eux devant ou derrière moi).

Vivement la fin du mois, je vous le dis. A part mon hébergement actuel et, peut-être, un collègue sympa, je ne garderai que des mauvais souvenirs de ce mois de juin 2009.

Côté sud ouest, ça a commencé par une semaine orageuse. Il faisait chaud bouillant dans les bureaux ! Ah, je les aime bien, finalement, ces agenais qui s’envoient dans les roses pour un rien ou alors juste parce qu’ils travaillent ensemble depuis trop longtemps. Moi, petite stagiaire (pas si petite que ça d’ailleurs), je me serais sentie bien pommée au milieu de tout ça s’il n’y avait pas eu E.T., extraterrestre atterie ici même dans cette rédaction du bout du monde et venue devinez d’où ? de la même école que nous ! et encore, pas seulement de la même école, de la même « année spéciale », celle de 2007/08, donc, si vous voyez ce que je veux dire, on peut s’échanger plein de potins (quoique ce soit pas trop mon truc, comme vous le savez tous) sur les gens qu’on a connu, nous, en J3, sur les profs et tout et tout. Si vous saviez ce que j’ai appris !

Mais revenons à cette charmante petite rédaction pour qui j’ai déjà un peu d’affection… même si je n’ai pas encore bougé mon cul de ma chaise, ce qui me fait bien ch… Mais ça ne m’empêche pas d’écrire et d’écrire. J’en ai fait des feuillets. Quand je pense au prix du feuillet, en une semaine j’ai pas travaillé pour des prunes (ah… si, je suis stagiaire…). Vous croyez que quand je serai pigiste ça débitera autant ? Enfin, quoique, je sais pas si ça me plaira parce que j’ai plutôt écrit des salades, genre le papier qui vaut pas un radis, dans le style recopier un dossier de presse parce qu’il faut aller vite-vite-vite, eh oui je suis arrivée en plein bouclage du numéro de juin. Et la déontologie dans tout ça ? Et la vérification des sources ? C’est pour les chiens ? Non, c’est juste le cadet des soucis de la presse pro.

Enfin, je confirme quand même pour l’affection que je porte à ma petite rédaction. Faut dire que je reviens du resto : gaspacho, filet mignon, carpaccio d’ananas, le tout accompagné d’un petit vin australien qui n’était pas pour déplaire à mes papilles. Eh oui, si jeune et déjà corruptible. Enfin, demain, ce sera sandwich !

Et vous ??? Orage ou accalmie ???

PS : mon vrai nom c’est artichaut déconfit

Aller boire un verre en plein après-midi, faire des pauses sur Facebook, prendre le temps de manger le midi… je ne m’attendais pas à ça ! C’est surtout que je ne suis pas habituée. Généralement, au boulot, j’ai une demi-heure pour manger, au mieux. Il est impensable de faire une pause dans la journée, sinon je ne finis pas à l’heure. Ici, le rythme est plus cool, mais c’est logique, il y a plus de monde pour travailler.

Toute la journée, je me prends des réflexions à cause de ma région d’origine, pour plaisanter évidemment. Et je suis la première à en rire, voire à exagérer et à forcer le trait de la caricature.

Reste que je suis crevée de marcher autant. J’aime ce boulot, ce rythme, cette équipe dans laquelle je me suis incrustée, mais je suis crevée. Et ça ne fait qu’une semaine… là, je crois que pendant deux jours, je vais complètement me reposer, ne toucher à rien qui pourrait ressembler, même de loin, à du travail. Je vais profiter de mon week-end pour me re-po-ser !

Je suis arrivée sous le soleil, hier, et j’ai bien cru cuire en allant de la gare à mon nouveau lieu de vie provisoire. Mais je suis arrivée entière, ai été parfaitement bien accueillie, ai pris possession des lieux, ai fait mon chèque (ah oui, le loyer, ça rigole pas), me suis couchée tôt pour faire bonne impression pour ma première journée.

Ce matin, levée très tôt et toute fraîche, je suis allée au boulot à pied, pour économiser un ticket de bus et découvrir un peu les rues… La ville n’est pas grande, mais j’ai trouvé le moyen de me loger à une extrémité et de travailler à l’autre. Résultat, plus de trente minutes de trajet matin et soir, en marchant à un bon rythme ! C’est bon pour la santé, parait-il. Le tout est que ça ne se fasse pas sous la pluie : ce matin, ça allait, plein soleil.

Arrivée à la rédaction, j’ai été très bien accueillie, ai fait la bise à mes collègues provisoires (ici, on commence par la joue gauche, alors que chez moi, c’est la joue droite… ça pourrait donner des situations cocasses ^^), serré la main aux chefs. J’ai quitté une équipe presque exclusivement féminine, je trouve ici une équipe presque exclusivement masculine. Mais fort agréable (l’un n’empêche pas l’autre). Ca fait juste très bizarre aux réunions de rédaction, mais je m’habituerai vite, je suis plutôt souple. Et puis, j’ai assisté à la réunion de rédaction de ce matin, ai vu un peu les “luttes d’influence” se dessiner sous mes yeux, ai lu beaucoup de journaux pour m’imprégner de mon sujet du mois, ai eu une deuxième réunion de rédaction (pour mon sujet du mois), ai bu un verre en terrasse avec mes collègues de mon sujet du mois, pour faire une pause. Puis j’ai commence à prendre mes contacts : je dois rappeler tous ceux que j’ai eus entre demain et la semaine prochaine ; retenter ma chance demain matin pour ceux que je n’ai pas eus.

Et tout ça, avec le soleil !

Quant à mon enquête finale, elle n’a pas encore avancé d’un cheveu. Si seulement j’avais le temps…

Il y a des coïncidences bizarres. L’été dernier, nous avions droit à un fait divers mortel (au sens propre) sur l’autoroute. Le responsable de la chose comparaissait devant le tribunal pour homicide et blessures involontaires… hier. Et c’est moi qui y suis allée, sans savoir que c’était cette affaire. Bref, ça m’a fait bizarre de reparler des mêmes faits, j’ai eu (à nouveau) l’impression de n’être jamais partie.

D’autant plus que les gendarmes, optimistes pour moi, me laissent penser que je déploie doucement mes racines, puisqu’ils me croient embauchée chaque fois qu’ils me revoient. “Alors, ça y est ?” Ah non, vous devez pas avoir conscience de la situation du canard, vous. Ni même de celle de la profession dans son ensemble. Mais bon, ils sont gentils en disant ça, ils me souhaitent de trouver un job plus ou moins fixe et je ne peux pas leur reprocher (moi aussi je me le souhaite).

Faut avouer que je dirais pas non si je pouvais rester un peu par ici. Je m’y sens bien, même si rien ne peut être parfait. Je commence à connaître les gens, ils se souviennent m’avoir déjà rencontrée et répondue, mon réseau s’étoffe encore… Je pars pour le sud-ouest du centre de la France dans quelques jours et je me doute que ça n’aura pas la même saveur, que je n’aurai pas la même complicité qu’avec mes collègues ici, que je ne me sentirai pas autant “chez moi” que dans ce journal, que je serai nostalgique à mon départ et que j’aurai peut-être hâte d’être en juillet.

Bon enfin. En parlant de tribunal, mardi matin, je suis arrivée après la bataille (l’affaire dont je parle n’était jugée que l’après-midi, ça allait). Ou comment se taper la honte en une leçon. L’audience commence à 8h30, mais j’avais un rendez-vous à 9 heures, que je ne pouvais ni ne voulais annuler. Comme il y avait quatre dossiers dont certains avec plusieurs prévenus à faire passer, je me suis dit que ça n’allait pas finir tôt. Je me presse quand même un petit peu lors de mon rendez-vous, ce qui me fait arriver au tribunal à 9h50. Je dis bonjour aux vigiles, qui me reconnaissent mais me demandent ce que je fais là.
“Bah je viens pour le [nomdemonjournal].
- Oui d’accord, mais pourquoi ?
- Pour l’audience, tiens.
- Mais c’est fini !”
Ah ouais. J’ai dû rester la bouche ouverte pendant quelques secondes. Même pas deux heures pour juger quatre dossiers. C’est ce qu’on appelle de l’efficacité.

A noter. Le stagiaire des sports n’aura pas croulé sous le boulot : il a même fini ce soir, ce qui lui fait un week-end de quatre jours avant son retour à l’école. Plutôt cool, comme rythme.

Morceaux choisis

Au début, on se dit que ça va être un plaisir, une aventure, une épopée, que de bons souvenirs pour l’avenir! Au fur et à mesure du temps qui passe, les illusions se détricotent et l’on se résigne… “D’accord, je vais habiter dans 10m2 pour 900 euros… mais je serai à PARIS!”

“Allo?”

“Bonjour Madame, je vous appelle pour votre annonce d’appartement à louer.”

“Oui, d’accord. Vous gagnez combien?”

“Euh..”

“Je sais que c’est un peu direct comme question, mais il faut bien en passer par là!”

“C’est à dire que… je suis stagiaire… mais mes parents se portent garants!”

“Ah mais non ça ne va pas être possible sans CDD ou CDI.”

“Ah..”

CLAC.

“Allô oui?”

“Bonjour monsieur, je vous appelle parce que j’ai vu votre annonce concernant un appartement à louer.”

“Il est déjà loué.”

CLAC.

“Ouiiii?”

“Bonjour, je vous appelle pour votre appartement à louer.”

“Lequeeeel?”

“Celui qui est rue Machin.”

“Voyez avec mon fils aloooors”

CLAC.

Le numéro donné n’existe pas.

“Bonjour monsieur, je vous appelle à propos de votre appartement à louer.”

“Oui, ce serait pour combien de personnes?”

“Deux, nous sommes deux journalistes qui venons travailler à Paris.”

“Vous êtes un couple?”

“Euh non, on est amies”

“C’est pour une colocation alors?”

“Oui, exactement”

“Mais dans l’appartement, il n’y a qu’une chambre!”

“Je sais”

“Vous n’allez quand même pas dormir ensemble?”

“Pourquoi pas?”

“Ah ben vous le faites où vous voulez mais pas chez moi!”

CLAC.

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